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    Qu’est ce que le BOUTIS ? Le vrai BOUTIS ?

    Le définir, c’est le définir par rapport à d’autres techniques qui induisent en erreur un large public, le commerce profitant de la confusion des genres pour en tirer un large profit. Le nom –respect et la vulgarisation insultante du mot « BOUTIS » entame à l’aube de ce troisième millénaire une lente détérioration de cet art déjà tombé dans l’oubli depuis plus d’un siècle, ce nom –respect et cette vulgarisation insultante fonttous droits réservés 2001 offense à ce patrimoine bien particulier de la Basse Occitanie, héritage de nos aïeules depuis des siècles. Ce patrimoine typiquement provençal et languedocien se doit de relever « le gant » et d’exiger des pouvoirs publics un communiqué exact quant à l’appellation du mot BOUTIS afin que l’on cesse d’utiliser un terme qui, pour les femmes du Sud, revêt un caractère sacré. Fortement ancré dans les coutumes et le mode de vie des femmes de cette région, le boutis présent dans nos trousseaux témoigne des évènements essentiels de la vie : naissance, mariage, mort. Par ces symboles, son iconographie, son usage, sa technique de réalisation, le BOUTIS a du sens, il est unique et ne peut être confondu avec le matelassage appelé chez nous le « piqué Marseillais » même si les deux genres exécutés avec talent à la main. Le matelassage provençal et languedocien présente lui aussi une esthétique remarquable et se suffit à lui-même. De fabrication manuelle, il va de soi, que la machine à coudre n’a rien à voir avec l’Art du BOUTIS.

    Il existe une méthode infaillible pour reconnaître un vrai BOUTIS, c’est de le placer à contre-jour. La lumière doit traverser le long des lignes de couture, ce qui n’est pas le cas pour les ouvrages matelassés.

    tous droits réservés 2001

    LES ÉTOFFES PIQUÉES

    Au cours des siècles précédents, l’ennoblissement des étoffes par le piquage et le relief développe des techniques identiques, cependant l’ordonnance des phases de réalisation diffère pour donner d’une part le matelassage, d’autre part les broderies en bosses de l’intérieur dont le BOUTIS.
    Plusieurs milléntous droits réservés 2001aires avant notre ère, les ouvrages matelassés existaient déjà. Les ouvrages sont constitués de deux couches de textile emprisonnant une épaisseur de laine, de soie ou de coton plus ou moins importante. Le piquage assemble ces trois épaisseurs. Il détermine toujours un décor plus ou moins élaboré, accompagne les tissus unis ou imprimés, modestes ou luxueux.
    « Les ouvrages piqués » confortables et riches ont permis la réalisation de « couvertures piquées », bourrasses et bourrassons, coiffes, bonnets, cotillons, caracos, cache-corset et capes.

    DÉFINITIONS DU BOUTIS

    Le mot BOUTIS provient de l’aiguille à bout rond qui sert à pousser la mèche et du geste : bouter qui signifie pousser.

    Définitions d’autrefois :

    Saint-Aubin en 1770, brodeur du roi Louis XVI écrit en parlant du Boutis : « Lorsque tous les motifs sont piqués, on retourne le métier, puis avec un poinçon ou la tête d’une grosse épingle, on insinue plus ou moins de coton filé entre les deux étoffes. » (extrait de l’Art du Brodeur)

    Au XIXème siècle, J. Bourilly explique :

    « Boutis : genre de broderie au piqué. La toile à broder était doublée et portait le dessin que l’on suivait en traits doubles au moyen de piqûres à la main. Dans l’intervalle des piqûres, on introduisait une mèche de coton entortillée autour d’une tige métallique flexible (outil que l’on appelait boutis). Cette mèche de coton formait ainsi, entre les piqûres, les bourrelets qui faisaient ressortir le dessin. »

    A l’heure actuelle et ce d’après les boutis anciens étudiés qui servent de référence, le boutis peut se définir ainsi :

    Le Boutis est une broderie de l’intérieur qui donne du relief ou de la transparence à deux étoffes superposées, cousues ensemble à la main, à petits points, en suivant le contour des motifs dessinés. Le relief s’obtient en introduisant sur l’envers des mèches de coton plus ou moins filé, entre les deux épaisseurs de tissu à l’intérieur de chaque motif.

    Venu du Moyen Age, depuis les ateliers de piquage de Sicile et véhiculé par les Croisades, c’est au sein des Manufactures Royales de Provence et de Languedoc, que cet Art décoratif trouvera ses lettres de noblesse. A la fin du 18ème siècle, dans les petites mains magiques des femmes du Midi, le Boutis deviendra Art Populaire.

    Ne pas confondre :

    tous droits réservés 2001 Les « Picqûres » de Marseille

    Le piqué de Marseille tous droits réservés 2001

    tous droits réservés 2001 Le Boutis

    En conclusion :

    « le Boutis est unique. C’est un art à part entière. Nulle part ailleurs qu’en Provence et en Languedoc il n’a atteint cette perfection qu’on lui connait et n’a été intégré au patrimoine d’une région avec cette présence et cette force que l’intelligence et le savoir-faire des femmes de Basse Occitanie lui ont légué en héritage. »

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lamaisonduboutis@orange.fr