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    Article de Boris BOUTET dans "Objectif Gard".

     

    FAIT DU JOUR À Calvisson, Francine Nicolle a fait ressusciter le boutis

    Prise sur le tard d'une passion pour le boutis, Francine Nicolle est parvenue à ressusciter cette technique de broderie traditionnelle typiquement provençale. Aujourd'hui, à Calvisson, son musée regroupe des centaines de pièces achetées ou reproduites par son association. 

    Certains tombent dans la drogue, Francine Nicolle est tombée dans le boutis. "Je suis devenue accro, avoue-t-elle. D'ailleurs, ceux qui s'y intéressent ne peuvent plus décrocher." Cette relation viscérale entre la Calvisonnaise et ce pan méconnu du patrimoine provençal ne remonte pourtant pas à l'adolescence, l'âge où naissent la plupart des passions.

    Enseignante dans le primaire et fille d'une antiquaire, c'est à la fin de sa carrière professionnelle que le coup de foudre est venu. "Je feuilletais un livre ancien et je suis tombée sur un jupon brodé au boutis, se rappelle-t-elle. Cela m'a tout de suite interpellée car je ne connaissais absolument pas. Pourtant, ma mère m'avait appris la couture et je me défendais pas mal en la matière."

     

    Dès lors, Francine Nicolle consacre le plus clair de son temps libre à enquêter sur le sujet. "Ce type de broderie avait été oublié par plusieurs générations, explique la passionnée. Il n'y avait pas le moindre livre sur le sujet. J'ai pu rencontrer un collectionneur qui possédait quelques pièces. Puis j'ai dû farfouiller toute seule. Je me suis aperçue que la technique remontait au moins au XIVe siècle. Au XIXe, le boutis était fréquemment utilisé pour des jupons de mariage, des draps de lit où pour présenter un enfant à sa naissance."

    Autodidacte puis écrivain

    C'est finalement en décousant une broderie qu'elle comprend la technique qui permet d'obtenir ces sculptures en bas relief caractéristiques du boutis. "J'ai toujours été débrouillarde, souligne-t-elle. En fait, il faut superposer deux étoffes et le motif est obtenu grâce un bourrage de coton." 

    Facile à dire, beaucoup moins à faire. "Il faut être patient et minutieux mais c'est à la portée de tout le monde, estime celle qui s'est longtemps entraînée seule avant de partager son savoir. Le boutis procure une émotion particulière. Son résultat est fascinant." Une expérience partagée avec un groupe d'amies qui s'est constitué au fil du temps au sein de l'association Les Cordelles qu'elle a fondée.


    Parmi elles, Andrée Rondeaux, membre fondatrice qui a participé à l'ouverture de la Maison du boutis, un musée créé sur la place du pont, à Calvisson. "On a eu la chance d'obtenir un bâtiment municipal, indique cette dernière. Cela nous a permis d'y exposer les pièces que nous réalisons, mais aussi des tissus de collection que l'association a pu s'offrir au fil du temps. Là aussi, il a fallu se montrer patientes car certaines pièces coûtent le prix d'une voiture et que nos moyens sont très limités." 

    Bien décidée à sauver de l'oubli ce patrimoine oublié, Francine Nicolle rédige plusieurs livres sur le sujet. "Le boutis est longtemps resté caché au fond des armoires je voulais l'en faire sortir, image-t-elle. J'ai beaucoup voyagé pour tenter de retrouver des pièces à l'étrangerAvec les membres de mon association, nous avons reproduit le Tristan Quilt. Il s'agit d'une pièce d'environ 12 m2, retrouvée en Angleterre, datant du XIVe siècle et inspirée de la légende de Tristan et Iseut. En la reproduisant, nous avons compris les difficultés que nos ancêtres avaient eu avant nous. Je crois même que nous avons pensé les mêmes choses qu'eux à l'époque."

     

    Dans le même temps, Les Cordelles ont continué à enrichir leur collection et à former de nouveaux adeptes du boutis. "Petit à petit, ça a fait tâche d'huile et plusieurs associations ont été créées dans la région", se réjouit Andrée Rondeaux. Certifiée maître d'art par le ministère de la Culture en 2013, Francine Nicolle a quant à elle acquis une légitimité internationale dans le domaine, et organisé des conférences sur le boutis au Canada, en Belgique, au Japon, en Italie et en Écosse.

    "Le musée de Calvisson dispose aujourd'hui de la plus importante collection du monde avec plusieurs centaines de pièces, avance cette dernière. Hors crise sanitaire, nous recevons plus d'un millier de visiteurs par an, qui viennent de nombreux pays différents." Après avoir ressuscité le boutis, la retraitée souhaite désormais le pérenniser au sein du patrimoine local. "Nous souhaiterions que le bâtiment municipal qui abrite nos pièces soit rénové afin de remplir les conditions de température et d'humidité qui permettront d'assurer leur conservation." 

    En attendant d'être prophètes en leur pays, Les Cordelles attendent de pied ferme une visiteuse prestigieuse. "Quand je me suis présenté à Carole Delga en tant que maire de Calvisson, la première chose qu'elle m'a répondu c'est « Ah oui, la maison du boutis ! »", nous racontait récemment l'édile, André Sauzède. La petite phrase, répétée à Francine Nicolle, n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. "C'est d'autant plus important que le boutis est une œuvre féminine noyée au sein d'un patrimoine très largement masculin", insiste-t-elle. À la veille de l'édition 2021 de la Journée internationale des droits des femmes, l'invitation est (re)lancée.

    Boris Boutet

     


     

    Voir l'article sur le Tristan Quilt dans la presse italienne

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    Voir l'article du Midi Libre du 10 février 2011

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    Voir l'article de Vertiges de France magazine de l'art de vivre et le luxe à la française

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    Voir l'article de Needleprint France du lundi 23 novembre 2009 (Version française)

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    Voir l'article de Needleprint Angleterre du mardi 24 novembre 2009 (English version)

    Cliquez sur le lien ci-dessus.

    Voir l'article de Needleprint Japon du mardi 25 novembre 2009 ( )

    Cliquez sur le lien ci-dessus.

    Voir l'article de la Marseillaise du jeudi 12 novembre 2009

    Cliquez sur le lien ci-dessus.

    Voir l'article de la Marseillaise du lundi 29 juillet 2009

    Cliquez sur le lien ci-dessus. 

    Voir l'article du Midi Libre du lundi 13 avril 2009

    Cliquez sur le lien ci-dessus. 

    Voir l'article du Midi Libre du lundi 2 avril 2007

    Cliquez sur le lien ci-dessus.   


Madame Francine Nicolle  et l’association « Les cordelles, Boutis en Vaunage » ont fait l’objet de nombreux reportages et articles :

Reportages télévisés :

  • Télévision Française 1ère chaîne – journal télévisé – 1998-2000

  • Télévision Française FR3 – Informations régionales – 1999-2003

  • Télévision autrichienne – été 1999

  • Télévision chaîne nationale brésilienne - 2003

  • Télévision "Télé Miroir" - 2007

  • Télévision  TV5 - 2005

Presse écrite :

  • Bulletin Départemental du Gard (Conseil Général)

  • Le Pélerin Magazine (2000)

  • Art et décoration

  • Patchwork Quilt TSUSHIN – Tokyo - Japon

  • L'express Magazine - 2002

  • Midi Libre - 2004 à ce jour

  • La Marseillaise

  • Needleprint (en France, en Angleterre et au Japon)
     

Radios :

  • Radio France Bleue Gard-Lozère - 2002 - 2003

  • Radio brésilienne - 2003

  • Radio Montpellier - 2004

LE SOMMAIRE DU LIVRE « Boutis des villes, Boutis des champs »

  • Préface de Jocelyne BONNET, Professeur d’Ethnologie (Université Montpellier III)

  • Introduction

  • Histoires et techniques

  • Du mariage à la naissance : le boutis dans les trousseaux

  • De la soie, du coton et des pétas

  • Des ateliers particuliers

  • Motifs et symboles`

  • Un art décoratif sauvé de l’oubli

  • Conclusion

  • Cahier pratique

lamaisonduboutis@orange.fr